OLIVIER HUBERT – Président du Jury de l’édition 2013

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Après avoir dirigé un cinéma pendant plusieurs années, créé une agence de communication spécialisée dans le secteur culturel et cinématographique et avoir été consultant auprès de collectivités et structures liées à l’image, Olivier Hubert a co-fondé en 2011 la société de production Territoire d’Image.

En 2012/2013, il conçoit et scénarise la première expérience interactive double écran autour d’une série de fiction, “Les Petits Meurtres d’Agatha Christie” pour FranceTélévisions.

www.territoiredimage.com

OLIVIER HUBERT : « L’OUTIL AU SERVICE DU PROJET »

En quoi consiste le rôle de « Game Designer » tenu par votre société Territoire d’Image au sein de la production de l’épisode « Meurtre au champagne » ?
On a conçu et scénarisé l’expérience à partir du scénario de l’épisode et d’un premier montage qu’on a vu au mois d’octobre 2012. Après on a conçu le jeu, les interactions ; on a travaillé avec la société Keblow à Lille sur tout l’aspect technique, développement et graphique.

Avez-vous une idée de ce que vous allez voir le 18 mai ?
Une petite idée d’après ce que j’ai vu sur le site de TAKAVOIR !
Ça part un peu dans tous les sens, mais je trouve ça intéressant à plusieurs titres.
J’ai été exploitant de salle et on avait toujours le souci de faire en sorte que des publics qui ne vont pas forcément au cinéma se retrouvent dans les salles ; ou que des publics qui fréquentent plutôt dans des multiplexes viennent dans des cinémas indépendants sur des programmations un peu différentes.
Par ailleurs, aujourd’hui tout le monde fait de l’image et la mise en valeur de ces images permet aussi de les confronter, de les améliorer. C’est une manière de faire progresser les gens et de ne pas les laisser… Le web et le téléphone ont tendance à individualiser, à renfermer les gens parfois sur eux-mêmes, et le fait qu’on puisse les mettre en avant, projeter ce qu’ils font collectivement, c’est toujours intéressant.

Comment envisagez-vous votre rôle de président ?
J’ai visionné des choses très différentes. Certaines ne dépareraient pas au côté de la mini série « Scènes de ménages », certains projets sont un peu plus personnels ; d’autres ont plus de défauts techniques, mais on sent qu’il y a une vraie réflexion, un travail d’écriture qui est posé, on sent qu’il y a des envies peut-être plus ambitieuses
Au sein du jury, chacun exprimera son avis, mais on se retrouvera sûrement sur un certain nombre de points.

Quel conseil donneriez-vous aux candidats à TAKAVOIR 2014 ?
Je pense qu’on a besoin de points de vue d’auteur. Le fait que la technique accessible du téléphone permette de faire des choses renforce encore plus le besoin d’écriture.
Mon conseil est de bien penser son projet en amont, de bien l’écrire et de se servir du téléphone comme on se servirait d’une caméra. Pour moi, la technique a toujours été quelque chose qu’on met au service du projet, lequel n’est pas forcement le point de départ. Je pense que c’est vraiment important. Et on le voit quand on regarde la multitude des choses qui se font : ceux qui se démarquent, la plupart du temps, ce sont ceux qui ont une vraie écriture, en tout cas une vraie intention artistique.

Quel téléphone avez-vous ?
J’ai un iPhone 4S.

Filmer avec un téléphone, c’est une (r)évolution ?
Je trouve ça génial qu’on puisse faire un film avec son téléphone et qu’après on ait envie de le faire avec une « vraie » caméra ou avec un appareil photo, ou avec ce qu’on veut… Le tout c’est que cet outil-là devienne l’outil de projet(s) et pas l’objet du projet.

Cet outil va-t-il changer le cinéma
J’étais dans la communication il y a quelques années et notamment dans le graphisme et l’édition papier, cette révolution-là, on l’a vécue, c’est-à-dire à un moment donné les outils de création sont devenus très accessible, tout le monde avait accès à Photoshop, Publisher, etc… et se sentait capable de faire des journaux, des documents de communication… Au final, on se rend compte après qu’on revient à des professionnels sur la création parce que on voit bien la différence qui peut se faire ; mais la contrepartie c’est que malgré tout il y a des gens qui ont pu se révéler grâce à la crédibilité de leur projet.
Ce que j’en ressors, c’est qu’on ne s’improvise par réalisateur, ni scénariste parce qu’on a les moyens de le faire techniquement. La deuxième chose, par contre, et c’est un vrai plus, c’est que pouvoir tourner avec un appareil photo permet à des gens qui ont des idées, des projets de pouvoir les mettre en œuvre avec des moyens plus limités : mais ça fait émerger des talents.
Reste le problème de la masse ! Comment existe-t-on au milieu de tout ça ? Mon credo c’est que ce sont l’écriture et la qualité des projets qui font la différence.

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